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ARTUS GRAINBÔ, le p'tit pwète crotte-misère (épisode 2)

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ARTUS GRAINBÔ, le p'tit pwète crotte-misère (épisode 2)

ARTUS GRAINBÔ , Le p’tit pwèt crotte- misère

ARTUS GRAINBÔ, le p'tit pwète crotte-misère (épisode 2)

Voilà donc ainsi que le petit Artus Grainbô a décidé de ne plus fréquenter les parcs parisiens à pelouses dans lesquels les chiens et les pwètes sont interdits de circuler !

« Alors, ça y est ! Ils ont réussi à vous empêcher de souiller nos beaux gazons avec vos chaussures crados, M’sieur Rainblo !?

-Grainbô, Madame Merdalor, Grainbô ! Il a bien envie de lui clouer le bec à cette bourgeoise de palier ! Tous les gens qui pensent nettement plus bas que la moyenne, il les appelle « Bourgeois » et comme disait son ami pwète Gustave Vercoton : « Avoir la haine du bourgeois c’est déjà avoir du mérite ! »

Et la Merdalor c’est une fameuse pante au féminin, un océan de rien qui mériterait tout juste un cercueil vert en fer-blanc, avec une drôle de tête de femme à cheveux bruns fortement pommadés qui, lentement, émergerait d’une vieille baignoire, telle une Vénus anadyomène qui aurait l’échine un peu rouge ! Ce sont des femmes que l’on épouse rien que pour les transformer en attraction de foire ! Elle ne tolère pas qu’Artus sois un bohème qui se prive de tout ou qui néglige le confort !

« Mais vous me diriez bien, espèce de crotte-misère, d’où vous tenez un nom pareil !? » lui demanda-t-elle un jour qu’il rentrait trois sacs de charbons dégoulinant d’un jus noir insipide en les faisant traîner un à un dans l’escalier. A-t-on pas idée de s’appeler Grainbô ! C’n’est pas un nom de chrétien, ça…Grainbô…..n’importe quoi !

D’abord il faut savoir que son nom de famille est issu du japonais « bô » qui est un très long bâton, en bois ou en bambou, parfois recouvert de métal. Déjà ça, ça lui en a bouché un coin à la Merdalor ! Puis, il lui a révélé que son vrai nom c’était « Rokushakubô » et que ses ancêtres étaient de fameux maîtres de Bô-jutsu ! Ils ont un jour débarqué en Bretagne du côté de Bénodet dans un bateau ivre peint de toutes les couleurs et qui s’échoua un beau soir d’octobre dans les années 1790 suite à un coup de grain un peu trop violent ! Il n’a pas fallu longtemps pour qu’on appelle ses ancêtres les « grain » de « bô », ceux qu’un coup de vent très brutal a fait échouer sur les côtes du Finistère !

Quant à son prénom, il dérive du breton Arzhur. Les termes celtes, arth- et -uur, qui forment le prénom Artus, signifient respectivement « ours » et « homme ». Alors Madame Merdalor, apprenez qu’il y a toujours une certaine méchanceté à rire de quelqu’un et la vôtre est bien le signe le plus évident d’impuissance qu’il connaisse ! Quitte à ce que vous lui envoyiez une fois encore votre sale clébard de Bigshit à ses trousses, sachez aussi, Madame la bourgeoise de son palier, qu’en tant qu’écrivaillon de parc de répulsion, il est quand même un ours de société et il vous emmouscaille en goûtant la solitude de son imagination ! Vos circonlocutions inhumaines sont comme un chaudron fêlé où vous battez des mélopées sordides à faire pleurer les ours, quand lui, le pwète crotte-misère, il écrit en voulant attendrir les étoiles !

Voilà Madame, Merdalor ! Un coup de gueule personnel d’un auteur qui tient a vous préciser dans cette incursion littéraire que lui et vous n’êtes pas du même monde, chère madame. Je ne voudrais pas que cette journée soit emplie de vilenies et vous prie de boire vous-même la plus grande partie de votre venin, ce qui vous rendra encore plus hideuse ! Il y a deux choses qui abrègent la vie : la folie et la méchanceté.

Lui, Artus, mon personnage, est fou de liberté et il en mourra probablement mais vous, Madame, votre nom suffit à gâcher la moindre bonté qui sourdrait de votre margoulette putrescente, la méchanceté de votre bourgeon oculaire et la vulgarité de votre blase suintant d’une infestation incurable !

Là- dessus je vous laisse avec mon héros qui dévale en ce moment avec rage, la volée de marches d’escalier, s’étant pris le pied dans la tringle qui fixait le tapis ! En bas il s’en sort avec seulement quelques ecchymoses et un œil au beurre noir qui mettra, j’en suis certain, huit jours à se résorber !

Du haut du palier, il entend les rires sarcastiques de la bourgeoise rogue et bêcheuse ! Courageusement, il se relève, décide de quitter l’immeuble et de se promener le long du boulevard de Courcelles pour se calmer.

Il voudrait revoir son ami Gustave Vercoton et sa lusignante Léa la Zizouille, une chouette môme, une sorte d’allouf avec de grandes étagères à crayons de chaque côté de la vitrine et qu’il a toujours, pour elle, le palpitant qui se gondole comme une petite frelote à lui du côté de l’île Saint Louis !

Lui, il vit donc seul, dans cet appartement de la rue de Courcelles. Vercoton l’a aidé à le récupérer, abandonné par toute sa famille lors de la rafle du 16 juillet 1942.

C’est un petit bijou d’appartement qui plaisait beaucoup à la Merdalor. Elle s’y était installée comme chez elle, huit jours après la rafle tragique. La bougresse avait cédé son propre meublé, nettement plus petit, à la famille de sa sœur de Bézier.

Particulièrement lumineux, cet appartement est situé au troisième étage d’un immeuble haussmannien. Dès qu’on entre dans l’appartement, on remarque sa fraîcheur et ses amples espaces avec de chics planchers en bois clair et vernis aux motifs variés dans chaque pièce. Les différentes pièces se caractérisent par de hauts plafonds avec de la boiserie française et de charmantes portes et fenêtres lumineuses. La première pièce, en entrant constitue l’espace salle à manger et salon. Avec une décoration classique, cet endroit offre une table à manger en bois pour six à huit personnes, un sofa-lit à quatre places, un buffet antique, un miroir, de belles peintures et une TSF Philips modèle a44u.

Dans la chambre des parents à gauche de l’entrée, un haut lit recouvert d’un édredon en molleton, une commode en bois, un miroir, des tables et des lampes de nuit, deux chaises et une table ronde. La salle de bain toute neuve, à côté de la chambre à coucher, ne comporte pas de douche mais une baignoire assez large. Devant la salle de bain, un bel espace de rangement.

Du côté gauche du corridor, une seconde chambre à coucher avec un lit simple, celui d’Artus. Cette pièce possède une grande fenêtre et un petit pupitre d’écolier. Au bout du corridor, la cuisine équipée d’un réchaud au gaz, d’un évier assez bas et d’une table pour deux. L’appartement se termine par une autre belle chambre d’ami un peu austère. À l’époque, de la chambre des parents, on avait accès à la terrasse où la famille dégustait, quand il faisait beau, un bon petit déjeuner.

Cette famille de squatteurs rapinants fut un véritable cauchemar pour Vercoton en voulant récupérer ce bien resté vacant. Merdalor et ses deux fils entrèrent par effraction dans le logement et s’y installèrent pour y vivre. Bien qu’ils soient des occupants « sans droit ni titre » il fut très difficile de les déloger. Il était clair, dans la tête de la bourgeoise et de sa smala en question, qu’en tant qu’occupants spontanés, elle avait prétendu être chez elle une semaine seulement après s’être installée. La situation s’enlisa. Pas question d’appeler la police, on savait de quel côté étaient les condés puisqu’ils avaient eux-mêmes expulsé les vrais propriétaires en tant que juifs !

De toute façon, cette démarche devait être entreprise dans les 48 heures qui suivirent l’entrée dans les lieux de ces profiteurs de guerre. Autrement dit, les forces de l’ordre ne pouvaient plus intervenir directement. Ils avaient d’ailleurs bien autre chose à faire en ces temps troublés où le régime de Vichy appliquait une loi plus que discriminatoire ! De surcroît, ces squatteurs s’étaient ménager des preuves afin de justifier qu’ils occupaient les lieux depuis très longtemps : ils s’étaient malhonnêtement adressés des courriers quelques jours avant leur installation dans le logement et un contrat en bonne forme auprès de la Régie de l’électricité avait été établi.

GustaveVercoton, n’eut plus comme solution que d’entamer une procédure judiciaire en commun avec la concierge de l’immeuble, Mme Delafontaine, qui exprimait souvent beaucoup de sympathie pour la famille Grainbô. Il n’était pas question de les chasser par la force, car toute action violente pour déloger les occupants se serait apparentée à une violation de domicile !

Gustave et Rosette Delafontaine, déposèrent donc une requête auprès du juge du tribunal d’instance du 17e arrondissement et obtinrent une ordonnance qui autorisait un huissier à se rendre sur place. Ce dernier recueillit tous les éléments établissant l’identité des occupants illégaux et, par une assignation en référé, il obtint un jugement prononçant leur expulsion. Vercoton réussit ainsi et fort miraculeusement la décision d’expulsion. Il fit appel à un huissier qui adressa aux squatteurs malhonnêtes un avis de quitter les lieux sans délai possible. La Merdalor fut folle de rage et résolut dans sa petite caboche de sycophante de se venger contre ce Vercoton et ce Grainbô, selon elle de véritables racailles liées aux forces judéo-maçonniques !

Dans sa hargne viscérale, elle lança le poste de TSF par la fenêtre. Celui-ci se brisa en mille morceaux dans la cour de l’immeuble. Elle raya les meubles avec une longue fourchette à deux dents et obligea ses sales gamins à uriner sur les murs de la salle de bain.

Aujourd’hui, à l’heure où j’écris ces lignes, Artus a envie de traverser tout Paris à pieds ! Alors, il s’en va, les poings dans ses poches crevées, sous le ciel de Paris et il rêve à des amours splendides allant d’un pas d’arpenteur de trottoir Boulevard Malesherbes. Son unique culotte laisse voir un large trou, mais il a de l’air qui le pénètre de toute part et, rêveur, égrène des rimes dans sa course. Le petit gars sent des gouttes de rosée perler sur le front ! C’est l’élixir de vigueur !

Place de la Madeleine, rue Royale, il se parle, les bras en croix à palper l’air, et fait des romans, sur la vie ! Place de la Concorde, il invente des forêts d’obélisques le long de la Seine en passant sous tous les vieux ponts et traverse des savanes ! Les bateaux-mouches, les péniches brillent au soleil comme des chars argentés et cuivrés avec leur proue en goguette d’acier et d’argent ! Son cœur bat l’écume de la Seine. Les berges du fleuve sont heurtées par des tourbillons, puis soudain, le calme plat et noir de l’eau dans laquelle le soleil réveille les étoiles qui dorment encore dans l’écume des remous de quelque batelier.

C’est l’eau idéale pour y voir flotter la belle Ophélie, ce fantôme immaculé murmurant sa douce folie ! Mais ce n’est pas Ophélie qu’il aperçoit en premier mais la Zizouille, toute seule sans son Vercoton, avec sa petite robe rouge à pois blancs, ses souliers garance, son petit sac vermillon tout en plastoc mou, au milieu d’une petite foule agglomérée au bord du quai et qui admire l’impossible vision, étranges pantins grimaçant sur le ciel bleu et nuageux !

Mais qu’est-ce que tout ce monde admire ? Quels sont ces tréteaux allongés, ces corps entremêlés dans ces rondins de bois !?

Zizouille, sa petite frelote l’a repéré ! Il ne voit plus qu’elle. Elle lui fait signe de venir. Elle a une drôle de bobèche d’atmosphère ! Vercoton lui a composé un joli poème sur sa Zizouille. Artus le redit face à la Seine entre deux reflets de son corps dans l’eau miroitante du sang de Paris !

Hé ! Zizouille, mon Ophélie des lumières de la Ville, es-tu brune ou blonde ?

Sont-ils noirs ou bleus, tes yeux où je me mire en halos moelleux ?

Je n’en sais rien mais j’aime leur clarté profonde au fil de l’onde

Mais j’adore le désordre de tes cheveux que le vent trouve si soyeux

Es-tu cette douce nymphe ou cette gironde dure ?

Es-tu ce palpitant si sensible ou cet accroche-cœur si moqueur,

Se peut- il qu’il soit pour moi, ce joli cœur ?

Je n’en sais encore rien de toi mais je veille sur ta vie, mon aventure.

Tu me feras peut-être ton godelureau et moi, ton cajoleur.

Fidèle, le jurerais-tu, infidèle le deviendrais-tu ?

Qu’est-ce que ça peut faire entre nous ?

Tout compte fait et comme de bien entendu

Puisque Paris dans son écrin fantasque s’est perdu

Ta beauté espiègle garantira l’aventure jusqu’au bout !

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À propos

Jean-Luc FLINES

Je suis auteur et illustrateur de mes textes d'écriture. Je m'adresse à mes contemporains pour leur faire partager des effets atmosphériques, des émotions, des vibrations, des éléments: eau, air, terre, des regards fixés, des histoires au bout d'un pinceau ou d'un clavier d'écriture.
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