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HARU ASAKAÏDO et le silence inaltérable du blanc de céruse

présente dès le jeudi 15 septembre 2016

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HARU ASAKAÏDO et le silence inaltérable du blanc de céruse

"Cette nouvelle atypique vous fera voyager et découvrir un Japon insolite du 19e siècle, non pas celui des samouraïs mais plutôt l'univers des peintres d'aquarelles et d'estampes au travers du drame de la jeune artiste "Kira Shiryuki" atteinte de saturnisme, maladie liée à son art. C'est le récit d'une amitié un peu surnaturelle qui sublimera un autre peintre, femme elle aussi, Haru Asakaïdo. Au travers de cette histoire inédite, Jean-Luc Flines essaie de nous communiquer son admiration de peintre et d'illustrateur pour les estampes japonaises." Très joli hommage rendu par Jean-Luc Flines à l'une des civilisations les plus raffinées qui soient, le Japon, et à l'art de l'estampe vu par des maîtres comme cet Hokusaï que les Goncourt furent parmi les premiers à faire connaître en France. On retrouve ici cette fascination pour la Mort, prolongation logique de la vie, qui hante l'imaginaire japonais, le plus souvent sous la forme du suicide (un thème qui transparaît aussi bien chez Mishima, lequel passa d'ailleurs à l'acte, que chez Ôé ou Murakami Hakuri avec sa "Ballade de l'Impossible"). Car en fait, n'assistons-nous pas à un suicide lent, programmé, par l'absorption régulière et voluptueuse du blanc de céruse que l'héroïne estime seul capable de convenir à son art ?

Il y aurait d'abord une phrase : "Si tu méprises la vie, tu n'avances pas ; mais tu ne progresses pas non plus si tu ne prends pas la mort au sérieux". Selon moi une excellente définition de la sagesse. Le personnage de Kira (peinte par Haru Asakaido alors qu'elle est près de mourir) est une artiste totale, capable de tout sacrifier à la beauté et à la sublimation de la vie. Tout n'est que blancheur (l'origine de l'univers, d'après le texte) chez elle, comme la céruse qui lui sert à la fois pour son art et pour son teint, et qui finira par la tuer. Mais, en fin de compte, "la mort ne fait que voiler la vie et les idées fausses qui l'entourent". L'un des éléments qui m'a le plus impressionné dans "Haru Asakaido", c'est le silence, la plénitude. Ces êtres sont à part, "illuminés" au bon sens du terme, ils ont cette capacité à voir plus loin que le commun des mortels. Grâce à Kira, toujours, quand elle sert de modèle à Haru : "Avec la force de Kira, elle pourrait parvenir sans peine à une création picturale s'écartant de la banale copie de la réalité objective". (Soit dit en passant, ne pourrait-ce pas être aussi une définition de l'art de J-L Flines ?) Le réel est saturé d'artifices, et seule la peinture peut nous ramener à l'essentiel. Haru, finalement, a appelé son portrait de Kira "Kira et le tatami du prochain rivage" ; j'aurais préféré le titre auquel avait pensé Kira elle-même : "La porte de la Source". Porte que finira par franchir Haru elle-même au terme de l'ouvrage. Je n'en dis pas plus.

Très joli hommage rendu par Jean-Luc Flines à l'une des civilisations les plus raffinées qui soient, le Japon, et à l'art de l'estampe vu par des maîtres comme cet Hokusaï que les Goncourt furent parmi les premiers à faire connaître en France.

HARU ASAKAÏDO et le silence inaltérable du blanc de céruse
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À propos

Jean-Luc FLINES

Je suis auteur et illustrateur de mes textes d'écriture. Je m'adresse à mes contemporains pour leur faire partager des effets atmosphériques, des émotions, des vibrations, des éléments: eau, air, terre, des regards fixés, des histoires au bout d'un pinceau ou d'un clavier d'écriture.
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